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Séance Plénière des 17 et 18 mars 2016 / « En proposant d’élargir l’accès aux logements sociaux relevant du contingent régional, notre collectivité envoie un signal fort aux enseignants »

Madame la Présidente, Monsieur le vice-président, mes chers collègues,

La question que nous pose ce rapport est très simple. Dans une région qui accueille plus de 20 % des deux millions de lycéens Français et qui compte de très fortes inégalités parmi ses élèves, faut-il faire de l’attractivité de nos établissements auprès du corps enseignant une des priorités de l’action régionale ? Au groupe UDI nous répondons oui.

C’est une bonne chose de réaffirmer Monsieur le vice-président, dès le début de la mandature, que tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour attirer en Île-de-France les enseignants du second degré les plus expérimentés et les plus mobilisés. La tâche est considérable. Il y a beaucoup à faire pour renforcer l’attractivité de nos académies de petite et grande couronne. On ne mesure pas toujours l’ampleur de la pénurie d’enseignants dans un certain nombre d’établissements franciliens. Les chiffres du dernier bilan social du Ministère de l’Éducation nationale sur la mobilité des enseignants parlent d’eux-mêmes. En 2014, près de 49 % des 17 000 candidats pour des mutations interdépartementales étaient issues de notre région, alors même que nous ne représentons que 19 % de l’ensemble des effectifs d’enseignants.

 


Dans l’académie de Créteil, le manque d’attractivité est particulièrement significatif. Plus de 8,5 % des enseignements de Seine-et-Marne ont émis le souhait de quitter le département d’affectation, 12,3 dans le Val-de-Marne et plus de 24 % en Seine-Saint-Denis. Ce sont les chiffres publics du bilan social du ministère.

Bien sûr les facteurs explicatifs de la faible attractivité des académies ne se résument pas au prix de l’immobilier. Les conditions d’enseignements, la rémunération trop faible, qu’il conviendrait, comme la fonction d’enseignant de revaloriser, ont évidemment un impact. Mais on aurait tort de sous-estimer la part de la variable logement dans le choix des enseignants qui aujourd’hui se détournent des académies franciliennes. La moyenne des prix à la location en Île-de-France est aujourd’hui de 22 euros au mètre carré. C’est 83 % de plus que nos voisins picards et 120 % de plus que nos voisins du Centre Val-de-Loire. La différence est considérable. Ramenée au budget mensuel moyen d’un professeur certifié en entrée de carrière, elle peut représenter plus d’un quart du salaire net. Par conséquent nous ne pouvons que soutenir ce rapport qui vise à favoriser l’installation d’enseignants expérimentés et mobilisés sur des projets de réussite dans les académies franciliennes.

 

En proposant d’élargir l’accès aux logements sociaux relevant du contingent régional notre collectivité envoie un signal fort aux enseignants nouvellement et prochainement nommés dans les lycées franciliens. Cependant, ce signal Monsieur le vice-président, ne sera fort qu’à la condition de proposer une offre de logement suffisamment significative. Sans cette garantie, il ne peut y avoir d’effets positifs conséquents sur l’attractivité de nos académies de grande et petite couronne. Nous aimerions aussi mettre en lumière la problématique rencontrée par les enseignants tout récemment nommés et qui arrivent fin août dans leur département d’affectation, contraints de trouver des hébergements en urgence, quelques fois dans des hôtels, à un coût élevé. Y a-t-il quelque chose de prévu pour eux, Monsieur le vice-président ?

Au-delà de la communauté enseignante, ce rapport est un signal fort qui est adressé à l’ensemble des Franciliens, car je suis convaincue que cette mesure répond à de vraies attentes qu’ils expriment. Elle répond à l’attente que nous partageons tous d’un enseignement secondaire, de qualité et attractif. Elle répond à une vraie attente en matière de transparence, les Franciliens attendent plus de visibilité dans la gestion de la Région. On peut regretter que le système d’attribution de logements sociaux dans notre pays suscite encore trop de méfiance parmi nos concitoyens.

Selon une étude du Ministère du Logement datant de janvier 2014, 42 % des demandeurs de logements sociaux, jugent les règles d’attribution peu claires et 45 % les trouvent relativement injustes. Dans ce contexte, l’attribution de logements sociaux pour des professeurs qui font la démarche de s’installer dans des lycées en zone sensible est une mesure qui apporte, de la lisibilité. Elle permet de dire que le droit de réservation de logements sociaux est réparti en toute transparence et que nous faisons le choix très net, d’accompagner aussi les enseignants venants s’installer dans des académies beaucoup moins demandées, caractérisées par un fort turnover et l’arrivée massive d’enseignants manquants d’expérience.